Quelle filière d’assainissement individuel choisir ?

Six solutions, un seul juge : votre terrain. Le comparatif complet et un outil pour s’orienter.

Par Aymen B.Mis à jour le 20/10/2026Lecture : 4 min
En bref
  • C’est le terrain qui décide : perméabilité du sol, nappe, place disponible.
  • Épandage si le sol s’y prête ; sinon filtre à sable, tertre ou dispositif agréé.
  • Le SPANC valide le projet avant les travaux, puis contrôle avant remblaiement.
Sommaire
  1. Quelle filière pour mon terrain ?
  2. Le point de départ : la fosse toutes eaux
  3. Épandage dans le sol en place
  4. Filtre à sable vertical
  5. Tertre d’infiltration
  6. Filtre compact agréé
  7. Micro-station agréée
  8. Filtre planté de roseaux
  9. Toilettes sèches
  10. Tableau comparatif

Une installation d’assainissement individuel comporte deux parties : un prétraitement (la fosse toutes eaux, sauf pour certains dispositifs agréés) et un traitement. C’est le traitement qui varie d’une filière à l’autre, et c’est votre terrain qui décide.

Quelle filière pour mon terrain ?

Le point de départ : la fosse toutes eaux

La fosse reçoit toutes les eaux usées de la maison. Son volume utile doit atteindre au moins 3 m³ jusqu’à 5 pièces principales, plus 1 m³ par pièce supplémentaire. La capacité d’une installation, exprimée en équivalents-habitants (EH), correspond au nombre de pièces principales.

5 mminimum entre l’installation et les fondations (norme NF DTU 64.1)
3 mminimum des limites de propriété
35 mminimum d’un captage d’eau potable déclaré

Épandage dans le sol en place

C’est la solution de base prévue par la réglementation : le sol filtre et épure l’eau grâce à ses micro-organismes. Elle suppose un sol dont la perméabilité est comprise entre 15 et 500 mm/h sur au moins 0,70 m, sans nappe trop proche, sur un terrain non inondable.

  • Emprise : environ 150 à 200 m². Pour 5 pièces, il faut de 45 à 80 m de tranchées selon la perméabilité.
  • Atouts : pas d’électricité, peu d’entretien en dehors de la vidange de la fosse.
  • Limites : beaucoup de place et un sol adapté indispensables.
  • Prix : ordre de grandeur de 5 000 à 10 000 € (sources peu concordantes).

Filtre à sable vertical

Quand le sol ne convient pas, on le remplace par un massif de sable siliceux lavé d’au moins 0,70 m. Le filtre est non drainé si le sol est trop perméable (plus de 500 mm/h), drainé s’il l’est trop peu (moins de 15 mm/h) : l’eau traitée part alors vers un exutoire, un fossé par exemple.

  • Surface : 25 m² pour 5 pièces, plus 5 m² par pièce supplémentaire ; emprise totale d’environ 70 m².
  • Prix : 9 000 à 10 000 € selon la Charte ANC Vendée (2024).

Tertre d’infiltration

C’est un filtre à sable construit au-dessus du sol, pour les terrains où la nappe est trop proche ou qui sont inondables. Emprise : 60 m² minimum. Aucun prix public fiable n’existe : il est plus cher qu’un épandage, un devis est indispensable.

Filtre compact agréé

Un massif filtrant (zéolithe, fibre de coco, laine de roche…) placé après la fosse. Il ne consomme pas d’électricité, sauf si un poste de relevage est nécessaire.

  • Emprise : environ 5 à 20 m² selon les modèles.
  • Entretien : vidange de la fosse et renouvellement du média filtrant tous les 10 à 15 ans (environ 1 500 à 3 000 €).
  • Prix : 8 000 à 12 000 € posé. Éligible à l’éco-PTZ.

Micro-station agréée

Un petit système d’épuration biologique, alimenté en électricité par un compresseur ou un surpresseur. Très compact, il convient aux petits terrains.

  • Entretien : vidange dès que les boues atteignent le seuil fixé par l’avis d’agrément (souvent environ 30 % du décanteur), contrat d’entretien conseillé.
  • Limites : électricité, entretien régulier, déconseillée en résidence secondaire, non éligible à l’éco-PTZ.
  • Prix : 8 000 à 11 000 € posé.

Le comparatif détaillé est ici : micro-station ou filtre compact.

Filtre planté de roseaux

L’eau traverse des bassins plantés de roseaux. Selon les modèles, il faut environ 2 m² par équivalent-habitant, sans électricité si l’écoulement est gravitaire. Certains modèles se passent même de fosse.

  • Entretien : alterner les bassins chaque semaine, couper les roseaux chaque année, retirer les dépôts environ tous les 10 ans. Une clôture est conseillée, les bassins étant à l’air libre.
  • Prix : 8 000 à 14 000 € selon les sources, qui divergent beaucoup.

Toilettes sèches

Elles sont autorisées si elles ne gênent pas le voisinage et ne rejettent aucun liquide hors de la parcelle, avec un stockage en cuve étanche et un compost valorisé sur place. Les eaux ménagères doivent tout de même être traitées par une installation conforme.

Tableau comparatif

FilièreEmpriseÉlectricitéÉco-PTZPrix posé
Épandage150 à 200 m²NonOui5 000 à 10 000 €
Filtre à sable≈ 70 m²Non (sauf relevage)Oui9 000 à 10 000 €
Tertre60 m² minimumSouvent relevageOuiSur devis
Filtre compact5 à 20 m²Non (sauf relevage)Oui8 000 à 12 000 €
Micro-stationTrès faibleOuiNon8 000 à 11 000 €
Filtre planté≈ 2 m² par EHNon si gravitaireOui8 000 à 14 000 €
Le dernier mot revient au SPANCQuelle que soit la filière, le projet doit recevoir un avis favorable du SPANC avant les travaux, puis un contrôle sur place avant que les tranchées ou le dispositif soient recouverts.

Questions fréquentes

Quelle est la filière la moins chère ?

Quand le sol s’y prête, la fosse toutes eaux suivie d’un épandage dans le sol en place est en général la solution la plus simple, sans électricité et avec peu d’entretien. Mais elle demande beaucoup de place (environ 150 à 200 m²) et un sol adapté.

Peut-on installer une micro-station dans une résidence secondaire ?

Elle est déconseillée en occupation intermittente, et certains avis d’agrément l’interdisent explicitement en résidence secondaire : la biologie du système a besoin d’un apport régulier.

Les toilettes sèches dispensent-elles d’une installation ?

Non. Elles sont autorisées, mais les eaux ménagères (cuisine, salle de bain) doivent quand même être traitées par une installation conforme.

Qui choisit la filière ?

Le propriétaire, sur la base d’une étude de sol et de filière, puis le SPANC valide le projet lors du contrôle de conception, avant tout début de travaux.

Aymen B. — J’écris ce guide à partir des textes officiels (Code de la santé publique, arrêtés de 2009 et de 2012, fiches service-public, documents des SPANC et des préfectures) et des prix publiés, en citant chaque source. Je ne suis pas installateur. Pour votre cas précis, le SPANC de votre commune reste l’interlocuteur officiel. Ma méthode.

Sources consultées

  1. Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques (texte sur AIDA / INERIS)
  2. Arrêté du 7 septembre 2009, version consolidée (préfecture du Doubs)
  3. NF DTU 64.1 (extrait diffusé par le réseau Eau de l’enseignement agricole)
  4. Agglomération montargoise — annexe sur les filières d’ANC
  5. Saint-Étienne Métropole — fiche tranchées d’épandage
  6. Saint-Étienne Métropole — fiche filtre à sable vertical drainé
  7. Saint-Étienne Métropole — fiche tertre d’infiltration
  8. Avis d’agrément BIONEST du 16/05/2025 (portail ministériel de l’ANC)
  9. Guide d’utilisation Aquatiris FVgéo (portail ministériel de l’ANC, 2018)
  10. CC du Pays de Pouzauges — guide de l’ANC (août 2026)
  11. CAPEB Pays de la Loire — Charte ANC Vendée, rencontre de novembre 2024
  12. La Maison Saint-Gobain — prix d’un assainissement individuel (mis à jour le 23/07/2026)
  13. Habitatpresto — filtre compact (14/04/2026)
  14. ABC Travaux — filtre compact
  15. Ootravaux — prix d’un assainissement individuel
  16. Arrêté du 26 février 2021 (Journal officiel)